« On voulait l’euthanasier, mais elle s’est promenée avec son fils »

Le témoignage de Rita, que nous avons reçu… (Vous aussi, vous pouvez donner votre témoignage).

Maman est décédée mercredi 2 mai, suite à une thrombose 8 jours plus tôt. Elle avait 90 ans, et est partie dans la paix, accompagnée de la présence de ses enfants. La belle-mère de ma soeur a 98 ans. Elle est en Belgique, où l’euthanasie est « légale ». Elle a fait une affection pulmonaire en mars, soignée par morphine. Ma soeur et mon beau-frère se battent contre les médecins qui avaient programmé son décès, en augmentant la morphine. Après insistance et combats, la morphine a été réduite. Cette dame reprend ses repas au restaurant, est retournée chez le coiffeur, s’est promenée en fauteuil roulant avec son fils en ville… Et on voulait l’euthanasier, avec l’accord de son autre fils…
Dans ces circonstances, votre site et votre vidéo drôle, et pleine de tendresse, m’ont apporté du baume au coeur.
Merci et bon courage.
Je signe la pétition

Rita

One thought on “« On voulait l’euthanasier, mais elle s’est promenée avec son fils »

  1. Il est très difficile d’accompagner un être humain en fin de vie. Il faut du temps, il faut accepter d’être extrèmement triste, il faut apprendre à gérer la révolte contre ce long temps de souffrance.

    Mais j’aimerais que la société et nos dirigeants m’aident à tenir le coup .

    Parfois face à la souffrance, on se dit : c’est plus simple de tout arrêter, la personne souffre trop, je ne peux pas passer tous mes week end auprès d’elle). Oui mais si j’accepte : j’organise et je gère cette fin de vie, du coup les répercussions se feront sur tous les champs de la vie quotidienne : Je n’accepterai plus la souffrance (alors qu’elle est inévitable : peine de coeur, maladie, chomage, méchancetés) , je n’accepterai plus de perdre du temps

    Aujourd’hui, les gens souffrent au travail (nombre de suicide, de mal être) parce que l’on gère, on organise, on veut la performance, l’efficacité. Ce n’est plus à la mode de dire : on va accompagner tel salarié en difficulté pour qu’il soit meilleur (c’est plus simple de le pousser vers la sortie), on va prendre le temps d’écouter tel salarié qui a des problèmes pour lui permettre d’être mieux au travail (on a pas le temps). Résultat : plus de souffrance général, moins de respect pour les plus fagiles, les différents (ouf.. je suis dans le groupe des forts… mais jusqu’à quand ?)

    Je demande donc au législateur de m’aider à regarder la vie telle qu’elle est. Avec beaucoup de moments de joies mais aussi avec des moments très difficiles. Je demande au législateur de m’aider à accompagner les personnes en fin de vie et qui souffrent. C’est tellement plus beau de voir une main valide sur la main d’une personne qui souffre. C’est triste, ça fait beaucoup souffrir de devoir accepter d’abréger les souffrances d’un autre de manière réfléchie, gérée, organisée ; ça rend froid.

    Cher législateur aide moi à être un être humain (avec ses beautés et ses mochetés), accompagne moi lorsque je souffrirai, pose ta main sur la mienne lorsque je serai découragée. Ne me regarde pas comme une machine que l’on gère, organise que l’on eteint lorsqu’elle a des ratées. Ne me critique pas lorsque je serai fragile, pose ta main sur la mienne, accepte que je ne sois pas performante, soulage ma souffrance par ta présence. Laisse moi faire l’expérience de la souffrance de l’accompagnement pour développer en moi la force, la compréhension du monde, l’envie d’aider les autres , l’envie de passer du temps avec la grand mère de l’immeuble.

    Laisse moi entendre juste le son de ta voix lorsque je n’aurai plus la capacité de comprendre, je saurai simplement que c’est une voix qui m’aime. Je suis apaisée lorsque je suis aimée. Laisse moi sentir la chaleur de ta main lorsque je ne te reconnaitrai pas, lorsque je ne pourrai plus bouger. Je saurai que je suis aimée et je serai apaisée. Laisse moi prendre le temps de partir, ne choisi pas. Laisse moi être ce que je suis, accepte que la vie peut être longue et difficile.

    Bon courage à ceux qui souffrent et ceux qui accompagnent ceux qui souffrent. C’est très difficile.

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